đđ FiscalitĂ©
Retour sur les mesures fiscales automobiles qui ont façonné l'année 2025 des entreprises
Bonjour Ă toutes et Ă tous ! JâespĂšre que tout le monde va bien et que vous avez passĂ© une belle semaine.
La fin dâannĂ©e approche, et elle devrait encore nous rĂ©server quelques surprises notamment avec les annonces de la Commission EuropĂ©enne. On croise les doigts đ€
Chaque dimanche dans Le Brief Automobile, on analyse un sujet marché et on revient sur les infos importantes de la semaine.
Cette semaine, on parle dâun sujet critique, celui de la fiscalitĂ©. Bien que moins excitant, il en reste trĂšs important et impactant pour les entreprises. Nous revenons ensemble sur ce qui a le plus mis en difficultĂ© les entreprises cette annĂ©e.
đ„ Pourquoi le coĂ»t dâune voiture âbanaleâ explose en entreprise (achat + taxes rĂ©currentes).
𧱠Comment la fiscalité 2025 empile les couches : malus CO2, malus poids, ex-TVS, taxe flottes.
âĄïž Pourquoi lâĂ©lectrification sâaccĂ©lĂšre⊠souvent par contrainte plus que par conviction.
đ Pourquoi lâavantage en nature devient un sujet RH majeur⊠et un nouvel argument pro-Ă©lectrique.
đ ïž Les stratĂ©gies concrĂštes utilisĂ©es par les entreprises pour limiter la casse (car policy, durĂ©e, mobilitĂ©, optimisation).
đ Ă quoi ressemble 2026 pour les entreprises : durcissement dĂ©jĂ Ă©crit, ZFE, et incertitudes sur les futures taxes.

2025 : le âmillefeuilleâ fiscal est devenu une ligne budgĂ©taire Ă part entiĂšre
En 2025, la logique a Ă©tĂ© claire : dĂ©courager le thermique, accĂ©lĂ©rer le âverdissementâ⊠tout en maintenant les recettes de lâĂtat alors que les Ă©missions moyennes baissent.
Et dans les faits, les entreprises sont en premiĂšre ligne : elles achĂštent prĂšs dâun vĂ©hicule neuf sur deux en France. RĂ©sultat : beaucoup ont le sentiment de devenir le levier fiscal âle plus simple Ă activerâ.
Ce qui change en pratique, câest la sensation de bascule : on nâest plus sur quelques ajustements techniques. On est sur une fiscalitĂ© qui renchĂ©rit Ă la fois lâachat, lâusage, et mĂȘme le retard Ă la transition, avec un niveau de complexitĂ© qui devient difficile Ă piloter (barĂšmes qui Ă©voluent, dispositifs qui bougent, dĂ©clarations supplĂ©mentairesâŠ).
Et quand la fiscalitĂ© devient instable, ça ne fait pas quâaugmenter les coĂ»ts : ça casse la visibilitĂ©. Or une flotte, ça se planifie sur plusieurs annĂ©es, pas au trimestre.
Achat : malus CO2 + malus poids⊠et la facture grimpe trÚs vite
Premier choc de lâannĂ©e : le malus CO2 sâĂ©tend encore.
En 2025, le seuil est abaissĂ© Ă 113 g/km WLTP, et les montants montent vite au-delĂ . Exemple : une citadine essence peut dĂ©jĂ ĂȘtre touchĂ©e (une Peugeot 208 100 ch autour de 125 ⏠dĂšs 113 g/km). Et tout en haut du barĂšme, le plafond passe Ă 70 000 ⏠dĂšs 192/193 g/km.
DeuxiĂšme choc : le malus au poids.
Il sâapplique dĂšs 1 600 kg en 2025, avec une grille progressive (10 âŹ/kg entre 1 600-1 700, 15 âŹ/kg entre 1 700-1 800, 20 âŹ/kg au-delĂ ). Un SUV de 1 850 kg peut prendre 3 500 ⏠de taxe poids.
Et surtout, le contexte a changĂ© : le cumul CO2 + poids peut maintenant aller jusquâĂ 70 000 âŹ, et le plafonnement â50 % du prix du vĂ©hiculeâ a Ă©tĂ© supprimĂ©. Autrement dit : sur certains modĂšles, la taxe peut devenir disproportionnĂ©e par rapport Ă la valeur.
Ajoutez à ça la trajectoire dĂ©jĂ gravĂ©e pour les annĂ©es suivantes (seuil CO2 qui descend encore en 2026 et 2027, plafond qui doit monter jusquâĂ 90 000 ⏠en 2027), et vous comprenez pourquoi beaucoup de car policies ont Ă©tĂ© réécrites en urgence.
Usage : taxes annuelles (ex-TVS) et fin du âjokerâ hybride rechargeable
MĂȘme si lâachat fait mal, le vrai sujet cĂŽtĂ© entreprises, câest souvent le coĂ»t rĂ©current.
Depuis la rĂ©forme, lâex-TVS est scindĂ©e en deux contributions annuelles :
- une taxe annuelle sur les émissions de CO2 (barÚme WLTP durci, seuil abaissé, tarif par gramme),
- une taxe annuelle sur les polluants atmosphériques (qui cible notamment les véhicules plus anciens / plus polluants localement, et dont le périmÚtre a été élargi).
Exemple donné : un véhicule à 120 g/km peut se retrouver autour de 210 ⏠par an, et les montants grimpent fortement sur les véhicules plus émetteurs.
Et le point qui a surpris (et agacĂ©) beaucoup de gestionnaires : les hybrides rechargeables perdent leur statut de âsolution de transitionâ.
Depuis le 1er janvier 2025, ils ne bĂ©nĂ©ficient plus de lâexonĂ©ration/rĂ©duction qui existait : la rĂ©duction de 50 % a Ă©tĂ© supprimĂ©e. En plus, ils basculent dans une logique oĂč ils peuvent aussi ĂȘtre concernĂ©s par le malus au poids, comme les thermiques.
Traduction : des vĂ©hicules choisis ces derniĂšres annĂ©es pour âcocher la case transitionâ se retrouvent re-taxĂ©s, parfois trĂšs vite, avec un sentiment de yo-yo fiscal.
La nouveauté 2025 : la taxe incitative sur les flottes (verdir ou payer)
La mesure la plus structurante de 2025, câest la taxe annuelle incitative sur les flottes.
PlutĂŽt quâune obligation juridique pure, le systĂšme devient simple :
- un objectif de part minimale de véhicules à faibles émissions,
- sinon, une pénalité annuelle.
DĂšs le 1er mars 2025, les flottes en dessous de 15 % de vĂ©hicules lĂ©gers Ă faibles Ă©missions (<50 g COâ/km) paient. La pĂ©nalitĂ© est de 2 000 ⏠par vĂ©hicule manquant, avec un coefficient liĂ© au renouvellement de vĂ©hicules trĂšs Ă©metteurs.
Et ça monte rapidement :
- 18 % en 2026, puis 25 % en 2027,
- pĂ©nalitĂ© unitaire 4 000 âŹ, puis 5 000 âŹ.
Le message envoyĂ© au marchĂ© est clair : il y a un prix Ă payer pour lâattentisme. Pour une grosse flotte, le risque nâest plus âthĂ©oriqueâ, il devient budgĂ©taire, mesurable, et potentiellement massif.
DâoĂč ce quâon observe : une Ă©lectrification accĂ©lĂ©rĂ©e, souvent contrainte (commandes anticipĂ©es, bascule rapide du catalogue) plutĂŽt que portĂ©e par un confort opĂ©rationnel dĂ©jĂ prĂȘt (recharge, usages terrain, formation, etc.).
Avantages en nature : un sujet RH explosif⊠et un avantage compĂ©titif pour lâĂ©lectrique
En 2025, lâavantage en nature redevenait un gros sujet parce quâil touche directement les collaborateurs (et donc lâacceptabilitĂ© des car policies). Face Ă une hausse gĂ©nĂ©rale des Ă©valuations dâavantages en nature en 2025, les entreprises sont poussĂ©es Ă anticiper : communication interne, ajustements de politique vĂ©hicule, voire compensation salariale.
Et dans ce nouveau cadre, les véhicules 100 % électriques gardent un traitement trÚs favorable.
Depuis le 1er fĂ©vrier 2025, lâabattement sur lâavantage en nature dâun vĂ©hicule Ă©lectrique est portĂ© Ă 70 % (plafonnĂ© Ă 4 582 ⏠par an), contre 50 % et 2 000 ⏠auparavant. Le rapport donne un exemple parlant : pour une Ă©lectrique de sociĂ©tĂ© mise Ă disposition en 2025, lâavantage imposable annuel nâaugmente que modĂ©rĂ©ment (environ +85 ⏠par mois pour un modĂšle de 60 000 âŹ), alors que lâĂ©quivalent thermique peut prendre +300 ⏠par mois avec le nouveau calcul.
Autrement dit : au-delĂ des taxes, lâĂ©lectrique devient aussi une maniĂšre de limiter la friction RH, parce quâil est plus âdigĂ©rableâ pour le salariĂ© Ă package Ă©quivalent. Et cet avantage est prolongĂ© jusquâen 2027 (sous rĂ©serve de score environnemental), ce qui donne un minimum de visibilitĂ© aux entreprises⊠sur un des rares sujets qui en offre encore.
Comment les entreprises limitent la casse (et pourquoi ce nâest pas si simple)
Face à ça, les entreprises nâont pas 50 leviers. Elles jouent principalement sur 4 axes :
Réécrire la car policy (downsizing + électrification)
sortir les modÚles trop malussés,
choisir plus compact / moins puissant,
mettre lâĂ©lectrique âen tĂȘte de catalogueâ parce quâil Ă©vite beaucoup de taxes,
rĂ©duire la place du PHEV, et parfois basculer vers dâautres alternatives (ex. E85 avec abattement COâ).
Prolonger les durées de détention / leasing
On voit des durĂ©es qui sâallongent (jusquâĂ 60 mois et plus) pour lisser le choc du renouvellement. Mais contreparties : entretien, vieillissement, contraintes ZFE Ă venir.
Remettre en question la voiture de fonction
Certaines entreprises explorent le crĂ©dit mobilitĂ© (budget multi-modes) ou lâallocation automobile (indemniser lâusage du vĂ©hicule perso). Ăa rĂ©duit lâexposition fiscale⊠mais peut aussi ralentir le renouvellement du parc et crĂ©er des effets pervers (vieux thermiques conservĂ©s plus longtemps).
Optimiser et âprofessionnaliserâ la fiscalitĂ© flotte
Audits, conseils externes, outils de gestion, arbitrages VP/VU quand câest possible, rĂ©cupĂ©ration de TVA sur certains postes, gestion RH/finance de lâavantage en nature (dont le calcul change et peut augmenter lâimposition des bĂ©nĂ©ficiaires), et lobbying via les organisations pro pour obtenir des ajustements.
Le fond du problĂšme reste le mĂȘme : la fiscalitĂ© pousse dans une direction, mais les contraintes opĂ©rationnelles (recharge, usages, offre produit, budgets, ZFE, acceptabilitĂ© interne) ne suivent pas toujours au mĂȘme rythme.
Perspectives 2026 : durcissement déjà écrit, ZFE, et incertitudes sur la prochaine étape fiscale
2026 va surtout confirmer la trajectoire.
CĂŽtĂ© malus, le seuil COâ doit descendre Ă 108 g/km en 2026 (puis 103 g en 2027), et le plafond continuera de monter jusquâĂ 90 000 ⏠en 2027. CĂŽtĂ© poids, le seuil doit baisser Ă 1 500 kg dĂšs 2026, ce qui va Ă©largir la base taxable. Et cĂŽtĂ© flottes, lâobjectif de vĂ©hicules Ă faibles Ă©missions grimpe Ă 18 % en 2026 (puis 25 % en 2027), avec des pĂ©nalitĂ©s unitaires qui montent ensuite trĂšs fort.
Bref, pour les entreprises, 2026 ressemble Ă une annĂ©e oĂč il faudra ĂȘtre encore plus âfleet stratĂ©giqueâ : choisir les bons vĂ©hicules, au bon moment, avec la bonne politique interne, et une vraie capacitĂ© Ă absorber lâinstabilitĂ©.`

Les infos de la semaine
âĄïž Renault va produire des Ford Ă©lectriques en France
â Renault met fin Ă ses activitĂ©s dâautopartage
đ La SNCF fait installer 5000 bornes de recharge pour accĂ©lĂ©rer lâĂ©lectrification de sa flotte
đ„ Porsche dĂ©voile une GT3 limitĂ©e Ă 90 exemplaires
đȘđș Bruxelles devrait sauver les vĂ©hicules thermiques en 2035
đ Xiaomi ne se limitera pas aux voitures 100% Ă©lectriques
â Continental va cĂ©der ses centres BestDrive en France
âĄïž Rimac prĂ©pare une Bugatti Ă©lectrique avec des batteries solides innovantes
đ BMW nomme Milan Nedeljkovic, directeur de la production, au poste de PDG
đ€ Mercedes va lancer des Robotaxi Ă Abu Dhabi
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VoilĂ , câest tout pour moi aujourdâhui !
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On se retrouve le week-end prochain pour une nouvelle édition.
Fabio Dessi
Dâabord passĂ© par Volkswagen avant dâavoir créé ma propre startup dans la tech, je suis aujourdâhui responsable marketing de ProovStation, qui crĂ©e des solutions dâintelligence artificielle dĂ©diĂ©es Ă lâautomobile.
En parallĂšle, je partage chaque semaine un regard frais sur le monde de lâautomobile dâaujourdâhui via cette newsletter, et au quotidien sur LinkedIn.
Mes propos nâimpliquent que moi et ne sont rĂ©digĂ©s au nom dâaucune des sociĂ©tĂ©s citĂ©es prĂ©cĂ©demment !